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« Unity Station, Los Santos. Terminus. »
L'annonce du speaker le fait sursauter. Il se réveille la chemise humide, le front brillant de sueur. Il doit faire autour de 20 degrés. Il regarde sa montre, elle affiche 20h57. Il se frotte les yeux, il pose pour la première fois son pied sur le sol de Los Santos. Le soleil vient à peine de se coucher, la chaleur diminue peu à peu, la brise de la côté pacifique vient caresser sa barbe de trois jours. Il allume une cigarette et s'étire de tout son long sur le quai, les neurones encore secoués de ce brusque réveil. Que ces trajets sont longs, il ne s'agit que de quelques misérables kilomètres mais leur potentiel en tant que somnifère efficace est indéniable. Cigarette finie, il l'écrase sous ses mocassins en cuir noir, dont le dernier cirage semble dater de la guerre de Corée. Sac de sport sur l'épaule, il se dirige vers le restaurant le plus proche. Il a dans son portefeuille un peu plus de 250 dollars, ça devrait suffire à trouver de quoi se remplir la panse.
Après avoir marché sur deux pâtés de maisons tout au plus, se dresse alors devant lui un restaurant mexicain arborant fièrement ses couleurs sur la devanture. Le quartier a l'air mal famé, tant mieux. Une population de jeunes noirs et d'hispaniques semble s'être accaparé le quartier tout entier. Il pénètre la boutique, le sol est collant, c'est désagréable. Il commande une assiette de bœuf mijoté, la dévore en deux minutes chrono et ressort tout frais. Il s'allume une cigarette, jette un œil sur la populace traînant tout autour du petit restaurant et s'en va, le pied traînant sur le béton encore incandescent, il a fait chaud pour une journée d'avril. Il arrive alors à un angle de rue, où s'y trouve un minuscule hôtel comportant cinq chambres seulement et dont il ne demeure qu'une de libre. Il prend la chambre pour la nuit, 15 dollars pour à peine 10m², ça vaut le coup. Il aperçoit près du lit un petit poste radio qu'il s'empresse d'aller allumer. La piaule est terrible : la moquette poussiéreuse, les persiennes tiennent pas et l'ampoule déconne. Pile ce qu'il cherchait, c'est comme s'il n'avait jamais quitté son premier appartement de Bohan. Beach Boy Blues d'Elvis Presley commence à jouer à la radio. Il pose son sac près du lit, en sort sa bouteille de Jim Beam, en boit une bonne lichette avant de se laisser tomber sur le lit qui ne manque pas de lui rappeler pourquoi il paie 15 dollars la nuit. Il regarde sa montre, elle affiche 22h22. Il se sort quatre oxazepam, les avale avec une gorgée de scotch. Cela fait à peine une heure et demie qu'il est à Los Santos et tout allait déjà parfaitement bien.
Dernière modification par Scose (28/04/2020 21:21)
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écriture digne d'un roman, c'est réel
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