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Alors qu'il la regardait avec insistance, Marzia se trouvait belle dans son regard. Ils étaient debout devant une porte d'appartement californien. Elle avait peur de voir du dégoût dans les yeux de cet homme à qui elle faisait les yeux doux. Elle montrait une assurance digne des plus grandes charmeuses. Elle dégageait une aura, voilà ce qu’on lui disait souvent. Pourtant, elle n’était pas gâtée par la nature, elle se le répétait chaque matin. Étrangement, elle comprit vite qu’elle lui plaisait, les yeux des autres ne mentaient pas pour la jeune femme, il glissa ses mains sur son visage. Un silence se fit une seconde.
Le temps d'un instant, Marzia se remémorait une scène similaire à la sienne actuelle. Elle se rappelait un câlin fougueux entre ses deux parents, lorsqu'elle était jeune. Son père qui avait glissé ses bras autour de la taille de sa mère avant d'y déposer un baiser, auquel, sa mère y avait répondu passionnément à ce dernier. Un baiser, laissant penser à Marzia que ses deux parents s'aimaient à la folie... Du moins, c'est ce qu'elle croyait.
La jeune femme reprit contenance. Quelques secondes avaient suffi à la troubler. Elle regarda l’homme debout en face d’elle. Il était pas mal se disait-elle. Un homme bien sur de lui, comme on dit, apprêté, elle se demandait combien de temps il avait mis à se préparer. Elle posa un regard sur la main douce et chaude déposée sur l'une de ses joues. Elle leva ensuite les yeux, le scrutait de ce regard qui faisait parfois peur, regard inquisiteur, troublant. Il aura fini par baisser les yeux, tandis qu'elle avait le dessus. Elle refusait depuis quelques temps déjà de se laisser soumettre alors c’est elle qui s’imposait. D’un seul regard, elle le fit prendre peur. Il avait peur qu’elle lise en lui. Pour elle ce n’était qu’un jeu.
Dès lors, elle se sépara des mains douces de l'homme, reculant d'un pas en arrière, timide. Il n'était pas rare qu'elle réajuste sa manière de se tenir debout. Ça lui faisait mal dès qu’elle restait trop longtemps dans la même position. Il remarqua son manège.
- Tout va bien ?
Elle avait mis un certain temps à répondre à la question, peu sûre d'elle.
- Peut-être bien...
- Que désires-tu ?
- Beaucoup de choses, et rien à la fois.
- Qu'attends-tu de moi, Marzia ?
- Rien. Je n'attends plus rien de qui ou quoi que ce soit.
Il était quelque peu intrigué de sa réponse, visiblement surpris, laissant échapper aucun son de son gosier.
- Qu'espères tu ?
Elle se rendit compte qu’elle n’espérait plus rien depuis longtemps et c’est ce qu’elle répondit à l’homme qui était devant elle. Il serra la main de Marzia, qu'il lui aura prise. Elle se détendait doucement mais ses mains tremblaient encore. Pourtant la soirée était douce, le printemps avait effacé la dureté de l’hiver récent. Le calme ambiant malgré les bruits de vaisselle dans le bâtiment incitait au romantisme digne d'une scène de film.

C'était une légende de comptoir, comme disaient d'autres. Certains disaient qu'elle passait sa vie dans cet appartement, avec un verre à la main. D'autres disaient qu'elle avait plongée dans l'alcool. Elle était toujours assise dans le sofa de son loft. Dans ses bons jours, elle racontait des histoires plus incroyables les une que les autres, et certains affirmaient qu'elles étaient toutes vraies. Elle récitait des extraits des plus grands livres jamais écrit, et récitait de la prose littéraire.
Dans ces jours là, elle caressait son chien, avec un regard triste et nostalgique, rempli de souvenirs de son ancienne vie. Mais dans ces jours là, elle riait et souriait beaucoup, comme si elle voulait prouver qu'elle était encore quelqu'un.
Mais dans ses mauvais jours, elle ne souriait, encore et toujours pas, sans jamais s'arrêter de tirer la tronche, avec sa pièce d'échec à la main.
Ces jours là, son regard se vidait pour se remplir avec toute la haine et méchanceté du monde. Elle divaguait complètement, lâchant des bribes de son histoire, sans vraiment le vouloir.
Des rumeurs plus incroyables les unes que les autres circulaient à son sujet. Certains racontaient qu'elle avait perdue toute sa famille dans un accident aérien, étant la seule survivante, et que les choses horribles qu'elle avait vue la hantait encore aujourd'hui. D'autres encore racontaient qu'un homme lui aurait brisé le coeur. Mais en réalité, personne n'avait vraiment idée de ce qu'elle lui était vraiment arrivé. On lui avait retiré tout ce qui faisait d'elle une femme, à l'exception de ses souvenirs et de ses regrets. Et ça la détruisait, mais elle tentait aussi de trouver une raison de continuer, de ne pas tout abandonner pour le repos éternel. Et pour ça, elle n'avait que sa carrière devant elle, gardant cette même allure de femme impassible et âpre à cerner.
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Très stylé

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La bête noire a donc un cœur ? :o
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Elle en a un, mais qu'en est-il aujourd'hui depuis son histoire ?
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08/02/2019 : Ajout de la partie deux.
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vieille et moche elle mérite la mort
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