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ARCHEVÊCHÉ DE LOS SANTOS
MONSEIGNEUR JESSE R. FERRANTI
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Chers Hommes et Femmes politiques,
Cher Peuple de Dieu de l’Archidiocèse de Los Santos,
Hommes et Femmes de bonne volonté,
Dans deux semaines, quelques jours avant Pâques, nous sommes invités à nous rendre aux urnes pour élire les conseillers municipaux qui conduiront les affaires politiques et législatives de la ville de Los Santos. Nous devons nous réjouir de cette annonce du Gouverneur qui met fin à plusieurs mois de vide et de division ayant beaucoup impacter les plus faibles dans leurs quotidien.
La démocratie est importante pour maintenir la société dans la paix parce qu’elle apporte un dialogue pacifiste avant toute prise de décision. Le bien commun nécessite une démocratie qui se souci de l’intérêt de tous, loin des petites phrases, des jeux médiatiques et des intérêts des groupes.
En tant que catholiques, nous faisons partie d’une communauté recevant des enseignements qui nous aident à considérer les défis, à contribuer pour plus de justice et de paix, et à évaluer les différentes positions politiques, les programmes des partis et les promesses et actions des candidats à la lumière de l’Évangile afin de construire un monde meilleur.
Dans une société fragilisée et divisée alors que la violence augmente et la haine de l’autre se banalise ; dans une société qui détruit nos repères sociaux et familiaux, qui s’attaque aux moeurs et destitue la vie et la dignité de son caractère sacré, une action commune pour la paix et la justice devient urgente et nos actes doivent aller en ce sens et non ouvrir à d’autres divisions qui mèneront instantanément à des violences et des fractures profondes.
Quelle société voulons-nous ? C’est à cette question que nous devons réfléchir à l’occasion de ces élections. Nous devons retrouver des politiques qui cherchent l’apaisement et la recherche de la confiance notamment par la transparence.
Voici quelques éléments de réflexions qui vous permettront de choisir les programmes politiques qui conviennent à cette société à l'image de Jésus que nous appelons de nos vœux.
1. La place de l’Église dans la société
La responsabilité de l’Église de participer à la formation du caractère moral de la société est une exigence de notre foi, une partie de la mission que Jésus Christ nous a confiée. Personnes de foi et de raison, les catholiques sont appelés à apporter la vérité dans la vie publique et à s’imprégner du commandement du Christ de « s’aimer les uns les autres » (Jean 13:34)
La Constitution des États-Unis protège le droit des croyants et des institutions religieuses de proclamer et vivre leur foi sans ingérence du gouvernement, favoritisme ou discrimination. Le droit civil devrait reconnaître et protéger le droit et la responsabilité de l’Église de participer dans la société sans abandonner ses convictions morales. La tradition du pluralisme de notre nation est renforcée, et non menacée, lorsque les groupes religieux et les croyants apportent leurs convictions dans la vie publique. La communauté catholique apporte au dialogue politique un cadre moral cohérent et une vaste expérience au service des personnes dans le besoin.
En tant que catholiques, nous devrions être guidés davantage par nos convictions morales que par notre attachement à un parti politique ou à un groupe d'intérêt. Dans le contexte actuel, les catholiques peuvent se sentir politiquement privés de leurs droits, sentant qu'aucun parti et peu de candidats partagent pleinement notre engagement pour la vie et la dignité humaine. Cela ne devrait pas nous décourager. Au contraire, cela rend notre obligation d'agir d'autant plus urgente. Les laïcs catholiques, hommes et femmes, doivent agir selon les principes moraux de l'Église et s'impliquer davantage : se présenter aux élections, travailler au sein des partis politiques et communiquer leurs préoccupations aux représentants élus. Même ceux qui ne peuvent pas voter devraient élever la voix sur des questions qui affectent leur vie et le bien commun. La citoyenneté est un devoir permanent, et pas seulement pendant les périodes électorales.
2. Dignité de la personne humaine
La vie humaine est sacrée parce que chaque personne est créée à l'image et à la ressemblance de Dieu. L'enseignement catholique sur la dignité humaine, riche et varié, est résumé dans le Compendium de la doctrine sociale de l'Église. Chaque être humain "doit toujours être compris dans sa singularité inimitable et inéluctable...". Ceci impose avant tout l'exigence non seulement du simple respect de la part de quiconque, et en particulier des institutions politiques et sociales et de leurs responsables à l'égard de chaque homme sur cette terre, mais bien plus, cela comporte que le premier engagement de chacun envers l'autre, et surtout de ces mêmes institutions, soit précisément la promotion du développement intégral de la personne. Le Compendium continue : Il est nécessaire de considérer “son prochain, sans aucune exception, comme « un autre lui-même», tienne compte avant tout de son existence et des moyens qui lui sont nécessaires pour vivre dignement" (Gaudium et Spes, 27). Tout programme politique, économique, social, scientifique et culturel doit s'inspirer de l’idée de la primauté de chaque être humain sur la société.
3. Subsidiarité
Il est impossible de promouvoir la dignité de la personne sans se préoccuper de la famille, des groupes, des associations et des réalités locales, en bref, des communautés économiques, sociales, culturelles, professionnelles et politiques auxquelles les personnes donnent spontanément vie et qui leur permettent d'atteindre une croissance sociale effective. La famille, fondée sur le mariage entre un homme et une femme, est la cellule fondamentale de la société. Ce sanctuaire de la création et l'éducation des enfants ne doit pas être redéfini, sapé ou négligé. Le soutien aux familles devrait être une priorité des politiques économiques et sociales. L'organisation de notre société - en économie et en politique, en droit et en politique publique - influe sur le bien-être des individus et de la société. Toute personne et toute association a le droit et le devoir de participer à la formation de la société afin de promouvoir le bien-être des individus et le bien commun.
Le principe de subsidiarité nous rappelle que les plus grandes institutions ne doivent pas écraser ou interférer avec les institutions plus petites ou les institutions locales. Les institutions plus grandes ont des responsabilités importantes lorsque les institutions locales ne peuvent protéger adéquatement la dignité humaine, répondre aux besoins humains et promouvoir le bien commun.
4. Le bien commun
Le bien commun est constitué de « l’ensemble des conditions de vie sociale qui permettent aux hommes, aux familles et aux groupements de s’accomplir plus complètement et plus facilement ».
La dignité humaine est respectée et le bien commun n'est favorisé que si les droits de l'homme sont protégés et que les devoirs fondamentaux sont remplis. Tout être humain a droit à la vie, à la liberté religieuse et à l'accès aux choses indispensables à la décence humaine - nourriture et logement, éducation et emploi, soins de santé et logement. Ces droits sont assortis de devoirs et de responsabilités - envers nous-mêmes, envers nos familles et envers la société en général.
5. L’économie au service du bien commun
L'économie doit servir les personnes, et non l'inverse. Un système économique doit servir la dignité de la personne humaine et le bien commun en respectant la dignité du travail et en protégeant les droits des travailleurs. La justice économique exige un travail décent à un salaire décent et équitable, et la possibilité pour tous de travailler ensemble pour le bien commun par leur travail, leur entreprise, leurs investissements, leur participation dans les syndicats et autres activités économiques. Les travailleurs ont également des devoirs : être suffisamment disponibles, traiter les employeurs et les collègues avec respect et effectuer leur travail de manière à contribuer au bien commun. Les travailleurs, les employeurs et les syndicats devraient non seulement défendre leurs propres intérêts, mais aussi travailler ensemble pour promouvoir la justice économique et le bien-être de tous.
6. Écologie : protéger la création de Dieu
Nous avons le devoir de prendre soin de la création de Dieu, que le Pape François appelle dans Laudato Si' “notre maison commune". Nous sommes tous appelés à être des gardiens attentifs de la création de Dieu et à garder un environnement sécuritaire et accueillant pour les êtres humains vulnérables, aujourd'hui et demain. Le pape François parle d'une "dette écologique" due par les pays riches aux pays en développement. Et il nous appelle tous à une "conversion écologique", par laquelle "les effets de[notre] rencontre avec Jésus-Christ se manifestent dans[notre] relation avec le monde qui nous entoure". En effet, cette préoccupation pour "l'écologie naturelle" est une partie indispensable de "l'écologie humaine", qui englobe non seulement les dimensions matérielles, mais aussi morales et sociales.
La société doit lutter contre la surconsommation, l’égoïsme, l’individualisme et responsabiliser les personnes qui, en jetant des déchets dans les rues de Los Santos, mettent en danger la santé et l’avenir des communautés d’aujourd’hui, mais aussi, des communautés du futur.
7. Une société solidaire, fraternelle, au service du plus faible
La solidarité est "une détermination ferme et persévérante de s'engager pour le bien commun... pour le bien de tous et de chacun, car nous sommes tous vraiment responsables de tous". Elle se trouve dans "le bien du prochain en étant prêt, au sens évangélique du terme, à « se perdre » pour l’autre au lieu de l’exploiter, et à « le servir » au lieu de l’opprimer à son propre profit".
Nous formons une seule famille humaine, quelles que soient nos différences nationales, raciales, ethniques, économiques et idéologiques. Notre engagement catholique à la solidarité exige que nous recherchions la justice, que nous luttions contre le racisme, que nous mettions fin à la traite des êtres humains, que nous protégions les droits de l’homme, que nous recherchions la paix et que nous évitons le recours à la force, sauf en dernier recours.
Notre solidarité doit se traduire par une option prioritaire pour les pauvres et les plus vulnérables. Il faut se poser la question de comment nous traitons les plus faibles d'entre nous - les enfants à naître, ceux qui souffrent d’un handicap ou de maladies en phase terminale, les pauvres et les personnes marginalisées.
8. Rouvrir le dialogue avec les communautés défavorisées
Les communautés dites défavorisées de l’est de la ville souffrent d’un abandon qui les atteint dans leurs coeur, qui les coupent de la société et qui les mettent à la merci de groupuscules, des gangs et mafias, qui n’ont que pour seul objectif de faire naître en eux une violence et une haine des autres, une adoration du Mal qui les délie de Dieu. Les gangs ne peuvent être chrétiens et ne le seront jamais tant qu’ils seront les acteurs des oeuvres de Satan par leur promotion de la violence, leurs haine de tout ce qui est juste et bon et leurs abus sur les personnes vulnérables.
La société doit rouvrir le dialogue et démontrer aux communautés que la société veut leurs tendre une main lumineuse qui les sortira de leurs obscurité. Les acteurs de la violence ne doivent pas être les seuls à tendre la main, mais les communautés doivent pouvoir avoir deux choix : celui du bien ou du mal. C’est ce choix nous-même que nous faisons au cours de notre vie, et nous devons aider ces communautés à retrouver un autre chemin que la délinquance et la violence.
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